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EXPO EN LIGNE balades poétiques durant la pandémie
BALADE POETIQUE
Balades poétiques à Flottis durant la pandémie, extraits
Les flots
tissent les reflets des arbres
Dans des couleurs saturées de verdure.
Des ombres droites et légères s’invitent dans le sol,
s’élancent du côté de la barrière
et la franchissent
en se moquant.
L’espace est grand ouvert,
l’herbe le signale,
« ici on peut marcher ».
Le garde-champêtre ne dira rien.
Cependant, on préfère le sentier,
il mène immanquablement au pont vert.
On pense à Monet
mais il est absent.
Absence de glycine, absence de fleurs aussi.
"Flottis, c'est cette eau à la couleur indéfinissable."
Ici le vert domine
Il est le roi
Il mange le sol, décore les arbres, dévore les flots
et les canards en sont imprégnés.
Sur les flots
tissent les tourbillons de la pluie
qui s’invite aujourd’hui.
Elle s’empresse de changer la couleur de l’eau,
le vert s’estompe jusqu’à devenir un sale marron.
" Il pleut à Flottis, il faudrait que je peigne des ronds dans l'eau"
Au loin les ruches bien alignées,
le long d’un champ de tournesol,
observent
les pigeons d’Agen
venus y danser en tourbillons amusés.
Une maison, une forêt… de l'autre côté du parc.
Aujourd’hui, la colline de St Ferreol se donne des airs de Canada
Sur les flots
tissent mes humeurs, tisse mon âme.
J’attends et je tourne, je me détourne.
Le confinement s’éloigne,
je déambule
parapluie en l’air,
dans un espace miniature.
Je fais des huit, des boucles, je franchis le pont
observant au passage les ronds dans l’eau.
Les troncs se découvrent,
les roseaux s’encanaillent,
les deux couples
de canards sont en balade.

Sur les flots
tisse le balancement des herbes
desséchées.
Quand elles perdent leur éclat
qu’elles deviennent plumeaux,
Les jardiniers les assassinent.
Elles ont presque disparu.
Les feuilles jaune lumière s’estompent aussi.
Seul, le saule résiste avec son voisin penché.
Un autre, de longs mois encore,
exhibera de rares feuilles devenues noires.
Tous les autres ont déjà tourné la page,
vides, débarrassés.
Ils jouent à "je suis droit, je suis penché."
Le chemin s’élargit
Et l’eau devient grise,
C’est l’hiver à Flottis.
Le chemin s’élargit et l’eau devient grise, c’est l’hiver à Flottis.
Sur les flots
tissent les premiers remous
de la naissance d’un torrent.
Sur le banc,
installée à l’écouter
Les Pyrénées me sont moins loin.
De l’écume à la roche
de l’herbe verte au murmure,
je les devine
à l’horizon.
Pyrénées mes amours,
vous qui m’aviez adoptée
et que j’ai abandonnées
sans espoir de retour.
Sur les flots,
tissent les gouttes de la pluie
qui dansent sans fin la valse des ronds dans l’eau.
L’averse a balayé les couleurs du paysage,
les verts sont devenus rouge sang
et le magicien du temps a repeint la colline en marron.
Le soleil hésite, il bascule de-ci de-là sans se poser.
Flottis sèche et se présente sans artifices.
Sur les flots tissent
les signes du
printemps .
La verdure illumine le sol
les pelouses s’éclairent,
des milliers de pâquerettes surgissent
tandis que les arbres traînent encore leurs feuilles accrochées.
Marron, noir et la gamme des verts qui prend forme,
le contraste est agréable à l’œil.
Le printemps au sol, l’hiver dans le ciel.
Quelques pétales à même les arbres s’ouvrent
dans un blanc éclatant.
D’autres au sol
lèvent le doigt
comme pour signifier
« je suis là, moi aussi, et moi et moi ».
Les voix des pâquerettes sont charmantes.
La fameuse révolution du printemps
Sur les flots
se mirent les regards des promeneurs
qui redécouvrent le parc.
Ils s’y donnent rendez-vous autour d’une table,
s’allongent dans l’herbe pour écouter le torrent
ou du rap selon leur âge.
On se balade, alignés.
On tient son chien en laisse,
sa copine par la hanche
son fils par la main,
ou un bâton de marche.
Les canards s’aventurent hors de l’eau
en ignorant
cette éclosion de promeneurs.
Les pelouses ne sont pas tondues,
il flotte un air de liberté retrouvée.
Pour son plus grand bonheur, Dame Nature a été élue gardienne d’un espace protégé.
On se parle au-dessus du masque
« - Qu’il est beau ce parc ! »
« - Vous peignez ici ? »
Flottis est devenu ma cour de récré,
mon grand zap,
même si je rêve de peindre une glycine et des pivoines
et qu’il ne me propose qu’une gigantesque gamme de verts.
Sur les flots
tissent les pollens chassés par le vent,
agglutinés sur l’étang.
Les canards ont disparu,
Aux dernières nouvelles
Ils auraient déménagé à Talives.
Je préfère penser qu’ils se sont installés en face
sur l’île
et qu’ils réapparaîtront
une fois la famille
agrandie.
A droite du pont, un pigeon ramier
s’est déclaré gardien des arbres.
Le merle se moque de ma présence
Il sautille à mes pieds.
Respiration.
Les orchidées se déploient,
libres de vivre ici,
les marguerites les rejoignent
se mirent dans l’eau .
Sur les flots
Tisse le va-et-vient d’une poule d’eau solitaire.
Elle s’empresse de se cacher à mon arrivée
et se dirige en silence vers la petite île déserte
ou dans les roseaux,
seule.
Les bruits de tondeuses se mêlent
aux vrombissements des voitures
qui descendent sur Agen
Elles accompagnent mes coups de pinceau.
Je reviendrai peut-être demain.
Peut-être...
Sur les flots,
tissent les souvenirs d’une année
qui aura bouleversé ma vie.
Penchée sur le parapet,
je berce mes pensées
dans les mouvements de l’eau.
J’ai oublié mes pinceaux,
je ne reviendrai plus peindre ici.
J’aurais emporte-piécé des morceaux de Flottis,
amassé des instants contemplés,
des souvenirs de pandémie….
Flottis, mes échappées.
